Pointe de Penmarc'h

Identité & packaging · 2025
Type
Identité & packaging
Année
2025
Mon rôle
Direction artistique, identité visuelle, illustration
Livrables
Logo, mascotte, boîtes de sardines, affiches
Outils
Illustrator, Photoshop

01Situation

Une conserverie de 1920, une pointe de Bretagne, et une identité à réveiller.

Pointe de Penmarc’h est une conserverie née au Guilvinec, port de pêche bigouden tout au bout du Finistère.

À l’époque, la flotte comptait plus de cent bateaux. Sardines, thons blancs germon et maquereaux étaient mis en boîte dès leur arrivée, à quelques pas de la criée. Aujourd’hui encore, la marque perpétue cette tradition, entre pêche artisanale et produits d’artisans locaux.

Son logo d’origine raconte cette histoire : un phare, des mouettes, un bandeau bleu marine et une promesse, « Le meilleur de la pêche depuis 1920 ». Une base solide et sincère, mais qui s’appuie sur les symboles qu’on attend d’une marque bretonne.

La marque voulait moderniser son image et ses packagings, trouver une vraie idée qui affirme son appartenance française, et conserver, voire accentuer, son positionnement premium.

Un enjeu d’autant plus fort que la conserve de poisson a changé de statut : longtemps produit du quotidien, elle est devenue un objet de gourmandise, qu’on offre, qu’on garde, qu’on collectionne parfois. Sur ce marché, le packaging ne se contente plus d’emballer : il porte une grande partie de la valeur du produit.

02Tâche

Faire rimer patrimoine et premium, sans tomber dans la carte postale.

Le brief demandait une nouvelle identité fondée sur un positionnement fort, autant en storytelling qu’en image : un nouveau logo, une boîte de sardines au naturel, deux déclinaisons de goûts et trois affiches.

Pointe de Penmarc'h, different angl tomate
Pointe de Penmarc'h, different angl algues

La liberté graphique était totale. J’en ai profité pour inventer mes propres recettes et construire une gamme qui colle à l’univers que j’avais en tête.

Le vrai défi : trouver une idée française forte, sans folklore. La Bretagne est l’une des régions les plus mises en scène sur les emballages : phares, coiffes bigoudènes, triskèles, rayures marines. Ces codes rassurent, mais à force de les empiler, une marque finit par ressembler à une boutique de souvenirs.

03Action

Un logo comme une vieille étiquette

Des capitales épaisses, un cartouche bleu nuit cerclé de jaune.

Un clin d’œil aux étiquettes de conserves d’autrefois, mais avec la netteté d’aujourd’hui.

Moderniser une marque patrimoniale, c’est un jeu d’équilibre : trop de changement efface sa légitimité, trop peu la fige. J’ai gardé les codes qui portent l’histoire, le cartouche, les capitales, l’esprit étiquette, et modernisé leur exécution. On reconnaît l’héritage sans avoir l’impression de regarder une antiquité.

Une sardine en marinière

Pour dire « français » sans le dire, j’ai imaginé une mascotte : une sardine en marinière, abritée sous son parapluie.

La marinière, la pluie bretonne, un sourire en coin. En un seul personnage, la marque gagne une âme, de l’humour, et un fil conducteur pour toute la gamme.

Le parapluie joue double : il rit de la pluie bretonne, et il glisse un clin d’œil au chic parisien, celui qui fait monter la marque en gamme sans qu’elle se prenne au sérieux.

La mascotte échappe au folklore justement parce qu’elle joue avec lui. Elle ne cite pas la Bretagne au premier degré : elle en fait un personnage, avec une attitude. C’est le décalage, plus que le symbole, qui crée la complicité.

Une couleur par recette

Toutes les boîtes partagent le même bleu nuit, profond, élégant, qui fait tout de suite premium en rayon.

Puis chaque recette a sa couleur et ses ingrédients dessinés : écorces d’orange des Açores et basilic, tomates cerises et échalotes rôties, huile d’olive et algues séchées. La mascotte s’habille aux couleurs de chaque goût.

La gamme se lit ainsi à deux distances : de loin, toutes les boîtes appartiennent sans hésitation à la même marque ; de près, chaque recette se distingue en une seconde. Et le système est extensible : une nouvelle recette ne demande qu’une nouvelle couleur et de nouveaux ingrédients.

Les trois affiches prolongent l’histoire : une par goût, avec la mascotte mise en scène dans l’univers de chaque recette. La marque se reconnaît partout, et chaque saveur a son moment de gloire.

Pointe de Penmarc'h, 25
Pointe de Penmarc'h, 07
Pointe de Penmarc'h, mascotte

Écrire les règles du jeu

Pour que l’identité tienne dans le temps, j’ai rédigé son guide de marque. Il pose d’abord le fond : une mission (authenticité, qualité, modernité) et quatre valeurs, l’ancrage territorial, le savoir-faire, la convivialité et l’audace.

Puis la forme. Trois typographies aux rôles bien distincts : RL Aqva Black pour les titres et les accroches, Peridot Devanagari pour les textes courants, LTC Swing Bold en accent. Une palette hiérarchisée en couleurs primaires et secondaires, chacune baptisée : Framboise, Solea, Sangria, Calisia, Écume. Des formes et des lignes manuscrites en éléments complémentaires, et un motif décliné en deux versions : monochrome pour les supports sobres, bleu et rouge pour les plus dynamiques.

Enfin, les règles d’usage du logo : ses déclinaisons (monochrome, icône, tampon), une zone de protection égale à trois fois la hauteur du point du « i », et les mauvais usages à éviter : ni déformation, ni ombre, ni transparence, ni éléments déplacés.

Une identité qui ne vit que dans la tête de sa créatrice ne survit pas longtemps. La charte est ce qui permet à d’autres, un imprimeur, une agence, de faire vivre la marque sans la trahir, du rayon à la carte de visite.

Pointe de Penmarc'h, pointe

04Résultat

Un logo, une mascotte, une gamme de boîtes, une série d’affiches et un guide de marque : une identité complète, du concept au packaging.

Ce projet m’a confirmé ce que j’aime le plus : prendre une marque chargée d’histoire et lui redonner envie d’être regardée.

Et il m’a appris qu’en packaging premium, le luxe tient souvent à la discipline : une couleur maîtrisée, des éléments toujours à leur place, et le courage de ne pas tout dire sur la boîte.